Projection de « Electro Chaâbi » – Le 15 janvier 2014 – Gaîté lyrique (cycle Musiquepointdoc)

La Gaîté lyrique présente

dans le cadre du cycle Musiquepointdoc

proposé et programmé par Benoît Hické

 

 

ELECTRO CHAÂBI
Réal. : Hind Meddeb (Egypte/France, 2013, 77’, VOSTF)

En présence de la réalisatrice. 
 
 Dans les bidonvilles du Caire, la jeunesse danse au son de l’électro chaâbi, une nouvelle musique qui mélange chanson populaire, beats électro et freestyles scandés à la manière du rap. L’idée : fusionner les sons et les styles de manière chaotique. Un seul mot d’ordre : foutre le bordel! Victime de la corruption et de la ségrégation sociale, la jeunesse des quartiers populaires exorcise en faisant la fête. Libération des corps et d’une parole refoulée, transgression des tabous religieux : bien plus qu’un simple phénomène musical, l’électro chaâbi est un exutoire salutaire pour une jeunesse brimée par les interdits que la société égyptienne lui impose.

Sous des tentes illuminées de boules multicolores, des milliers de danseurs exécutent des chorégraphies spectaculaires dans un décor digne d’un film bollywoodien. Les refrains repris en cœur par les adeptes de ce nouveau phénomène surprennent celui qui s’imagine que l’Egypte est une contrée conservatrice et religieuse : « J’ai pris la voie du vice par le vice » ou encore : « Tu m’as fait boire jusqu’à l’ivresse! J’étais complètement saoul quand tu m’as ramené chez mon père. Ça t’a bien fait rire mais moi je me suis pris la plus grosse torgnole de ma vie! » La fête a des airs de rave party ou de spring break, elle a pourtant lieu dans un mariage. Ils ont moins de trente ans, représentent la majorité de la population et prennent littéralement en otage les mariages au point de leur faire perdre l’allure d’une fête familiale ou religieuse. 

Du quartier d’Imbaba au district de Matariya, chaque ghetto a sa star. Islam Chipsy, le Jimmy Hendrix du synthétiseur réinvente la transe psychédélique, il révolutionne les standards de la musique orientale. Petit dernier d’une grande fratrie, il joue depuis l’âge de onze ans un paquet de chips à la main, ce qui lui a valu son surnom de Chipsy. Orphelin depuis l’âge de 17 ans, il soutient financièrement toute sa famille, le jeune homme a grandi trop vite, à 24 ans, ila déjà la responsabilité d’un patriarche et fait chaque jour preuve d’une grande sagesse. DJ Wezza est un pionnier du genre, il a fédéré une belle équipe autour de lui. Aujourd’hui, son groupe incarne la voix de la fête avec des chansons légères et drôles. A ses côtés, se produisent les rappeurs Oka et Ortega, beaux gosses séducteurs, harcelés par des centaines de groupies sur leur compte facebook et sur leur portable, ils enchaînent les conversations coquines et les rendez-vous galants. MC Sadate et Amr Haha incarnent la conscience politique d’une jeunesse déshéritée. Ils ont précédé la Révolution avec leurs hymnes révoltés. 

Depuis plusieurs années déjà, ils dénoncent dans leurs chansons les injustices sociales, les bavures policières et les discriminations. A travers la vie de ces musiciens, on découvre une jeunesse égyptienne qui malgré son extrême pauvreté s’ouvre sur le monde, télécharge ses beats électro et se fait connaître grâce à facebook et youtube. Ici la célébrité passe par le net grâce aux vidéos des téléphones portables immédiatement mises en ligne après les concerts. Nos héros restent des stars sans droits d’auteur qui doivent se contenter des modestes cachets qu’ils reçoivent lorsqu’ils jouent dansles mariages. Mais depuis peu, la renommée internationale les guette : Islam Chipsy a été approché par des producteurs japonais et la marque Yamaha veut lui créer un modèle à son effigie. Une chaîne musicale satellitaire veut faire signer un contrat d’exclusivité aux rappeurs Oka et Ortega, ce qui sème la zizanie avec leur mentor Weza, disqualifié par son âge, il vient d’avoir la trentaine. Sadate, Amr Haha et Islam Chipsy sont invités à jouer à Marseille, capitale européenne de la culture en 2013. Le film les suivra sur la voie d’une reconnaissance qui va désormais au-delà de leur quartier d’origine. Du temps de Moubarak, leur parole était cantonnée au ghetto, désormais, leurs voix sont entendues à travers toute l’Egypte et bientôt, au-delà de ses frontières. 

En partageant la vie de ces musiciens inventifs, le film entre dans l’intimité de trois quartiers informels : Matariya, Imbaba et Madinat el Salam. Dans le pigeonnier de son ami Qaram, perché sur les toits d’un immeuble qui domine la ville, Islam nous raconte les sacrifices qu’a fait sa mère couturière pour lui permettre de jouer de la musique, jusqu’à mourir d’épuisement au travail l’année de ses 17 ans. Dans sa chambre, Sadate compose une nouvelle chanson qui revient sur la tragédie du match de foot à Port Said le 1er février dernier : un affrontement entre supporters rivaux a fait 74 morts ; il dénonce la responsabilité de la police qui ne s’est pas interposée pour éviter le bain de sang (une enquête parlementaire est en cours). A Matariya, Weza et son groupe prépare le mariage d’un de leurs amis qui économise depuis plusieurs années pour financer la cérémonie. Au café, on retrouve nos personnages en pleine discussion politique avec leurs amis et leurs voisins, quelques jours avant la présidentielle du mois de mai. Un an après la révolution, la jeunesse égyptienne est épuisée par une situation économique de plus en plus difficile. Les espoirs suscités par l’épisode révolutionnaire sont retombés. La démocratie et le partage des richesses semblent désormais lointains. 

Les chansons d’électro chaabi racontent la vie au quotidien dans un bidonville : les galères de fric entraînent les petits trafics en tous genres, le règne de la corruption, la ségrégation sociale mais aussi les histoires d’amour impossibles et les frustrations d’une jeunesse qui se marie de plus en plus tard. Le tout, sur un ton humoristique et ironique. Pas question de pleurer sur son sort, on préfère se moquer des malfaisants, tourner en dérision les corrompus et rire des situations les plus dramatiques. Les paroles des chansons osent dire ce qui ne se dirait pas dans une conversation ordinaire. L’électro-chaabi, c’est une parole libérée qui brise les tabous de la société patriarcale. 

INFORMATIONS PRATIQUES :
Le mercredi 15 janvier 2014 à 19h30
Gaîté lyrique – Auditorium
Tarifs : gratuit / 3 euros / 5 euros
 
A noter que ce film sera projeté le 15 janvier 2014 à la Maison d’arrêt de Fresnes à 14h, en présence de la réalisatrice.  .

Projection de « Etudes sur Paris » – Le 26 octobre 2013 – Muséum national d’Histoire naturelle

Le Muséum national d’Histoire naturelle présente

 

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ÉTUDES SUR PARIS
Réal. : André Sauvage, France, 1928, 80’ (musique : Jeff Mills)

Portrait urbain d’une ampleur inédite, Études sur Paris est une visite lyrique du Paris des années folles. Pionnier du documentaire d’art, André Sauvage capte avec une sensibilité visuelle extraordinaire le bouillonnement de la ville, les hauts lieux et les quartiers populaires d’une capitale en pleine mutation. Entre naturalisme et modernité, son regard personnel et sensible le rapproche des grands cinéastes visionnaires de l’époque, tels que Dziga Vertov ou Jean Vigo. A l’occasion de la réédition de ce film en DVD par Carlotta, le musicien et DJ américain Jeff Mills a composé une bande-son planante et magique.

Informations pratiques : 
Le samedi 26 octobre 2013 – 15h30

Auditorium de la Grande Galerie de l’Évolution – 36 rue Geoffroy Saint-Hilaire 75005 Paris.

Entrée libre et gratuite dans la limite des places disponibles (120 places).

Projection de « Musique(s) électronique(s) » et présentation de “Audio Technic Catalog” – Le 19 juin 2013 – Gaîté lyrique (cycle Musiquepointdoc)

La Gaîté lyrique présente

dans le cadre du cycle Musiquepointdoc

proposé et programmé par Benoît Hické

 

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MUSIQUE(S) ELECTRONIQUE(S)

Réalisateur : Jérémie Carboni (105 minutes, 2012, Zerkalo Prod.)
En présence du réalisateur 
Bande-annonce: http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=qgWmsjwu0KQ

Qu’est-ce que la “musique électronique” ? Musique concrète, musique acousmatique, musique électroacoustique : que recouvrent ces termes, quelles sont les différences, les particularités, les histoires ? Tout a commencé il y a un siècle, en 1913, avec les Futuristes Russolo (avec son manifeste “L’art des bruits”, publié le 11 mars de cette année) et Pratella, deux artistes qui influenceront la musique concrète française et l’Elekronische musik allemande des années 50. Ce documentaire ambitieux revient sur les courants principaux de la musique électronique en laissant la parole à des musiciens, des artistes, des compositeurs aussi divers que François Bayle (l’“inventeur” de la musique acousmatique), Michel Chion (théoricien, compositeur, qui fut membre du Groupement de Recherche Musicale), Christian Zanési (actuel directeur adjoint du GRM) ou les musiciens Jean-Michel Jarre, Émilie Simon, Moriarti. Des carrières et des intentions très différentes, mais qui composent autant de facettes d’une esthétique à la fois pop et expérimentale. Un retour sur expérience(s) passionnant. 

AUDIO TECHNIC CATALOG, de Vincent Epplay (en sa présence)
Projection précédée d’une présentation en sons et en images du projet AUDIO TECHNIC CATALOG par l’artiste Vincent Epplay. Troisième opus de la série “Sound Library” après “Sound Effects” et “Le disque contre l’insomnie (hypnose)”, “Audio Technic Catalog” (sur le label Stembogen) est une relecture de disques pédagogiques et techniques que Vincent Epplay collecte sans relâche. Artiste plasticien et musicien, Vincent Epplay élabore depuis le début des années 90 un travail d’expérimentation à partir d’une pratique indissociée des arts visuels et de la musique. Son travail de plasticien a été présenté par de nombreux lieux d’art en France et l’étranger. Il multiplie les collaborations dans le cinéma, la danse, l’art contemporain et la musique (dernièrement avec Frederick Galiay pour un duo avec des AKS Synthi A et en trio avec Jac Berrocal et David Fenech). Il apublié une dizaine d’albums pour différents labels : Stembogen, AKA, Brocoli, LDDR, Planam. Il continue à archiver des disques sans musique, des films 8 mm de méthode et d’enseignement pédagogique et des enregistrements ou documents sans qualités d’auteurs avérée. 
http://www.viplayland.net

Label Stembogen : http://www.e-ppt.net/

Teaser : http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=h_0kJ_SMWN0

Article de Libération : http://www.liberation.fr/culture/2013/06/07/mood-d-emploi_909224

 

Informations pratiques :

Mercredi 19 juin 2013 à 19h30

Gaîté Lyrique – Auditorium

Tarifs : gratuit / 3 euros / 5 euros

Réservations : http://www.gaite-lyrique.net/evenement/musiques-electroniques-dans-le-cadre-de-musiquepointdoc

Soirée spéciale « Les pionniers de la musique électronique britannique » – Le 20 février 2013 – Gaîté lyrique (cycle Musiquepointdoc)

La Gaîté lyrique présente

le cycle Musiquepointdoc

proposé et présenté par Benoît Hické

 

 

THE DELIAN MODE
Réal. : Kara Blake (Québec, 2008, 25’)

Ce film retrace la vie mouvementée de Delia Derbyshire. Pionnière de la musique électronique, elle créa notamment le thème désormais célèbre de la série Doctor Who dans le cadre des ateliers radiophoniques de la BBC. Plongeant dans l’univers créatif de Derbyshire, The Delian Mode transpose l’univers sonore unique de l’artiste, tout en rendant hommage à une femme dont l’influence est toujours aussi déterminante depuis quarante ans.

 

 

PRACTICAL ELECTRONICA
Réal. : Ian Helliwell (Royaume-Uni, 2012, 61′)

Portrait de Fred Judd, un ingénieur ayant contribué à l’histoire de la musique électronique britannique. Voici l’histoire d’un ingénieur officiant pour les radars de l’armée pendant la Seconde Guerre Mondiale et qui, dans les années 50 et 60, s’entoura – pour ses expérimentations – de machines monstrueuses, dont un prototype de synthétiseur conçu avec la collaboration de son épouse Freda. Un formidable docu-hommage sur ce précurseur, mélange brillant d’images d’archives, de collages et de séquences animées, par l’un des meilleurs cinéastes expérimentaux actuel (Etrange festival 2012).

 

Séance précédée par « L’âge des pionniers », une conférence de Jean-Yves Leloup :

Sous la forme d’une mini-conférence, illustrée en sons et en images, Jean-Yves Leloup évoquera le contexte de l’émergence des studios et laboratoires de musique électronique au cours des années 1950 et 1960, en Europe et aux Etats-Unis, et leur influence sur les générations de musiciens qui les ont suivi.

Jean-Yves Leloup : Artiste sonore et DJ au sein du duo Radiomentale, journaliste et critique, il est l’auteur de trois ouvrages, Global Techno (1999), Digital Magma (2007) et La musique électronique (2012), ouvrage gratuit et en ligne, publié par le site Olats.org.
Son blog

INFORMATIONS PRATIQUES :

Le mercredi 20 février 2013 à 19h30
La Gaîté lyrique – Auditorium
3 bis rue Papin 75003 Paris
Tarifs : gratuit pour les adhérents / 3 euros tarif réduit / 5 euros plein tarif