Projection de « Paris Stalingrad » – Le 26 juin 2019 à la Gaîté Lyrique (cycle Le tour du jour)

Projection de « Paris Stalingrad » – Le 26 juin 2019 à la Gaîté Lyrique (cycle Le tour du jour)

La Gaîté Lyrique présente
Le cycle « Le tour du jour – Nouveaux territoires du cinéma »
Proposé par Benoît Hické
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PARIS STALINGRAD
Réalisation : Hind Meddeb, co-réalisé avec Thim Naccache
France – 2019 – 86 min
Projection en présence de l’équipe du film.

Paris, été 2016. Des personnes réfugiées campent quartier Stalingrad dans l’attente de régulariser leur situation. Contrôles, nasses, évacuations, grillages. Le film cartographie leur calvaire : points d’eau, coins d’ombres, parcs isolés. Les corps s’intègrent difficilement mais un collectif se forme. Du groupe, s’élève la voix de Souleymane, jeune exilé du Darfour dont les poèmes viennent cohabiter avec la voix off de la cinéaste. Souleymane circule, erre, se perd, ressurgit et raconte. De Stalingrad à La Chapelle, les camps sont démantelés, les corps échouent, isolés, au bord de la ville. Souleymane s’en sort, la caméra le suit, l’échappée est solitaire.

INFORMATIONS PRATIQUES : 
Mercredi 26 juin 2019 – 19h15
Auditorium de la Gaîté Lyrique
3 bis rue Papin – 75003 Paris
Tarifs : 4 euros (adhérents) / 6 euros 
Réservations en ligne 

Evènement 
Cycle Le tour du jour (depuis septembre 2015

Projection de « Electro Chaâbi » – Le 15 janvier 2014 – Gaîté lyrique (cycle Musiquepointdoc)

La Gaîté lyrique présente

dans le cadre du cycle Musiquepointdoc

proposé et programmé par Benoît Hické

 

 

ELECTRO CHAÂBI
Réal. : Hind Meddeb (Egypte/France, 2013, 77’, VOSTF)

En présence de la réalisatrice. 
 
 Dans les bidonvilles du Caire, la jeunesse danse au son de l’électro chaâbi, une nouvelle musique qui mélange chanson populaire, beats électro et freestyles scandés à la manière du rap. L’idée : fusionner les sons et les styles de manière chaotique. Un seul mot d’ordre : foutre le bordel! Victime de la corruption et de la ségrégation sociale, la jeunesse des quartiers populaires exorcise en faisant la fête. Libération des corps et d’une parole refoulée, transgression des tabous religieux : bien plus qu’un simple phénomène musical, l’électro chaâbi est un exutoire salutaire pour une jeunesse brimée par les interdits que la société égyptienne lui impose.

Sous des tentes illuminées de boules multicolores, des milliers de danseurs exécutent des chorégraphies spectaculaires dans un décor digne d’un film bollywoodien. Les refrains repris en cœur par les adeptes de ce nouveau phénomène surprennent celui qui s’imagine que l’Egypte est une contrée conservatrice et religieuse : « J’ai pris la voie du vice par le vice » ou encore : « Tu m’as fait boire jusqu’à l’ivresse! J’étais complètement saoul quand tu m’as ramené chez mon père. Ça t’a bien fait rire mais moi je me suis pris la plus grosse torgnole de ma vie! » La fête a des airs de rave party ou de spring break, elle a pourtant lieu dans un mariage. Ils ont moins de trente ans, représentent la majorité de la population et prennent littéralement en otage les mariages au point de leur faire perdre l’allure d’une fête familiale ou religieuse. 

Du quartier d’Imbaba au district de Matariya, chaque ghetto a sa star. Islam Chipsy, le Jimmy Hendrix du synthétiseur réinvente la transe psychédélique, il révolutionne les standards de la musique orientale. Petit dernier d’une grande fratrie, il joue depuis l’âge de onze ans un paquet de chips à la main, ce qui lui a valu son surnom de Chipsy. Orphelin depuis l’âge de 17 ans, il soutient financièrement toute sa famille, le jeune homme a grandi trop vite, à 24 ans, ila déjà la responsabilité d’un patriarche et fait chaque jour preuve d’une grande sagesse. DJ Wezza est un pionnier du genre, il a fédéré une belle équipe autour de lui. Aujourd’hui, son groupe incarne la voix de la fête avec des chansons légères et drôles. A ses côtés, se produisent les rappeurs Oka et Ortega, beaux gosses séducteurs, harcelés par des centaines de groupies sur leur compte facebook et sur leur portable, ils enchaînent les conversations coquines et les rendez-vous galants. MC Sadate et Amr Haha incarnent la conscience politique d’une jeunesse déshéritée. Ils ont précédé la Révolution avec leurs hymnes révoltés. 

Depuis plusieurs années déjà, ils dénoncent dans leurs chansons les injustices sociales, les bavures policières et les discriminations. A travers la vie de ces musiciens, on découvre une jeunesse égyptienne qui malgré son extrême pauvreté s’ouvre sur le monde, télécharge ses beats électro et se fait connaître grâce à facebook et youtube. Ici la célébrité passe par le net grâce aux vidéos des téléphones portables immédiatement mises en ligne après les concerts. Nos héros restent des stars sans droits d’auteur qui doivent se contenter des modestes cachets qu’ils reçoivent lorsqu’ils jouent dansles mariages. Mais depuis peu, la renommée internationale les guette : Islam Chipsy a été approché par des producteurs japonais et la marque Yamaha veut lui créer un modèle à son effigie. Une chaîne musicale satellitaire veut faire signer un contrat d’exclusivité aux rappeurs Oka et Ortega, ce qui sème la zizanie avec leur mentor Weza, disqualifié par son âge, il vient d’avoir la trentaine. Sadate, Amr Haha et Islam Chipsy sont invités à jouer à Marseille, capitale européenne de la culture en 2013. Le film les suivra sur la voie d’une reconnaissance qui va désormais au-delà de leur quartier d’origine. Du temps de Moubarak, leur parole était cantonnée au ghetto, désormais, leurs voix sont entendues à travers toute l’Egypte et bientôt, au-delà de ses frontières. 

En partageant la vie de ces musiciens inventifs, le film entre dans l’intimité de trois quartiers informels : Matariya, Imbaba et Madinat el Salam. Dans le pigeonnier de son ami Qaram, perché sur les toits d’un immeuble qui domine la ville, Islam nous raconte les sacrifices qu’a fait sa mère couturière pour lui permettre de jouer de la musique, jusqu’à mourir d’épuisement au travail l’année de ses 17 ans. Dans sa chambre, Sadate compose une nouvelle chanson qui revient sur la tragédie du match de foot à Port Said le 1er février dernier : un affrontement entre supporters rivaux a fait 74 morts ; il dénonce la responsabilité de la police qui ne s’est pas interposée pour éviter le bain de sang (une enquête parlementaire est en cours). A Matariya, Weza et son groupe prépare le mariage d’un de leurs amis qui économise depuis plusieurs années pour financer la cérémonie. Au café, on retrouve nos personnages en pleine discussion politique avec leurs amis et leurs voisins, quelques jours avant la présidentielle du mois de mai. Un an après la révolution, la jeunesse égyptienne est épuisée par une situation économique de plus en plus difficile. Les espoirs suscités par l’épisode révolutionnaire sont retombés. La démocratie et le partage des richesses semblent désormais lointains. 

Les chansons d’électro chaabi racontent la vie au quotidien dans un bidonville : les galères de fric entraînent les petits trafics en tous genres, le règne de la corruption, la ségrégation sociale mais aussi les histoires d’amour impossibles et les frustrations d’une jeunesse qui se marie de plus en plus tard. Le tout, sur un ton humoristique et ironique. Pas question de pleurer sur son sort, on préfère se moquer des malfaisants, tourner en dérision les corrompus et rire des situations les plus dramatiques. Les paroles des chansons osent dire ce qui ne se dirait pas dans une conversation ordinaire. L’électro-chaabi, c’est une parole libérée qui brise les tabous de la société patriarcale. 

INFORMATIONS PRATIQUES :
Le mercredi 15 janvier 2014 à 19h30
Gaîté lyrique – Auditorium
Tarifs : gratuit / 3 euros / 5 euros
 
A noter que ce film sera projeté le 15 janvier 2014 à la Maison d’arrêt de Fresnes à 14h, en présence de la réalisatrice.  .