Une proposition de Benoît Hické

A l’occasion de l’exposition « Images à charge, la construction de la preuve par l’image » (du 4 juin au 30 août, dans le cadre des 5 ans du BAL), les trois séances, constituées pour la plupart de films d’artistes ou expérimentaux, proposent d’appréhender la puissance de persuasion des images. Images enregistrées par des caméras de surveillance ou par des drones, images prises sur le vif ou found footage, ce sont les modalités visuelles du contrôle sur le citoyen qui sont convoquées. Avec la nécessité, pour reprendre l’impératif de Michel Foucault, de déconstruire les structures fondatrices de nos sociétés pour mieux les sonder.

 

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Histoires de l’œil

Trois mois après la catastrophe de Fukushima, une caméra de surveillance installée sur le site déverse son flux visuel sur la page officielle de l’exploitant de la centrale. 4″ bâtiments face à la mer” de Philippe Rouy est un montage de ces images, qui subvertit l’intention officielle de “transparence des opérations de sécurisation”. L’entreprise panoptique est mise à mal comme dans le film “I Only Wish I Could Weep”, archive de The Atlas Group. Cette fiction, construite par l’artiste libanais Walid Raad, présente les bandes vidéo conservées de l’opérateur 17, agent de renseignement assigné au contrôle de l’activité de la Corniche, lieu populaire de Beyrouth. Les mécanismes de surveillance sont disséqués également dans “Prison Images”, composé de citations de films de fiction (Genet, Bresson), de documentaires et d’images de caméras de surveillance grâce auxquels Harun Farocki montre et démonte l’envers d’un lieu par essence clos sur lui-même. Une réflexion dialectique sur les puissances de l’image.

“4 bâtiments face à la mer“, de Philippe Rouy (2012, vidéo, sil., 47’)

“I Only Wish I Could Weep, Operator #17″, de Walid Raad (The Atlas Group) (2002, vidéo, sil., 7’36)

“Prison Images”, de Harun Farocki (2000, vidéo, son, 60’, VOSTF)

 

INFORMATIONS PRATIQUES :

Cinéma des Cinéastes – Le 9 juin 2015 – 20h15

7 avenue de Clichy – 75017 Paris

Tarifs : 9 euros / 7 euros tarif réduit.
Séance + exposition au BAL : 11 euros

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