La Gaîté lyrique présente
Dans le cadre du cycle Musiquepointdoc
Proposé et programmé par Benoît Hické
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EAST PUNK MEMORIES
Réal. : Lucile Chaufour (France, 2012, 79’)
 
En présence de Florence Tamagne, maître de conférences en histoire contemporaine à l’université Lille-III Charles-de-Gaulle (IRHIS) et chercheuse en histoire sociale du rock

Auditorium – 19h30

Tarifs : 5€ / 3€ (gratuit pour les adhérents)
 
A la fin des années 80, Lucile Chaufour filmait une bande de punks à Budapest. Par leurs tenues provocatrices et à travers leurs chansons, ils exprimaient leur colère contre le régime tout en subissant de plein fouet la répression et les intimidations policière. Ils attendaient tous avec espoir le changement du système. La réalisatrice se souvient de ce qu’elle a découvert en posant le pied sur le sol hongrois dans les années 1980, pour la première partie de son documentaire. Elle décrit un pays attardé et appauvri, conséquence de la politique de l’époque : “Il y avait beaucoup de tramways et de bus dans les rues, peu de voitures, aucune publicité. Les magasins d’état alignaient des boîtes de conserves aux étiquettes ternes, de la pâte de fromage entourée de plastique et de gros pains à la mie épaisse. Dans la rue, les vêtements des passants semblaient dater des années soixante-dix. Les boulevards avaient des noms de combattants ou de poètes communistes, des soldats russes défilaient sur la place Moskva et une étoile rouge surplombait le parlement”, se remémore-t-elle.
Après avoir rencontré douze punks et participé à des concerts clandestins avec eux dans le Budapest de la fin des années 1980, partageant ainsi une page de leur vie, la cinéaste est revenue sur les lieux de son enquête 20 ans plus tard pour retrouver ceux qui avaient témoigné à l’époque. Après la chute du communisme, le mouvement s’est alors divisé : “ils avaient tous désiré la chute de l’ancien système mais leurs attentes politiques se sont avérées très contradictoires”, explique-t-elle. C’est cette soudaine dissonance qui a suscité l’intérêt de Lucile Chaufour, qui cherche, à travers ces témoignages, à montrer les mutations profondes qu’a subi la société hongroise avec l’arrivée du capitalisme, ainsi que le mélange de nostalgie et de détestation dont témoignent les Hongrois à l’égard du communisme.

Entre le démantèlement des acquis du socialisme engagé par la gauche libérale et le repli nationaliste d’une droite qui se dit “sociale”, la démarcation traditionnelle entre la droite et la gauche a laissé place à une confusion idéologique à laquelle nous devons désormais aussi faire face.Un documentaire étonnant, générationnel, brut et politique (sélectionné notamment au festival Cinéma du réel 2012, et qui sortira prochainement en salles).

 
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